Campagne d'information 2013

"Les citoyens ont un droit à l'information sur les risques majeurs auxquels ils sont soumis dans certaines zones du territoire et sur les mesures de sauvegarde qui les concernent. Ce droit s'applique aux risques technologiques et aux risques naturels prévisibles." (article L 125-2 du Code de l'environnement)

C'est pour répondre (en partie) à cette obligation réglementaire qu'est organisée en région Rhône-Alpes, tous les 5 ans, une campagne d'information sur les risques technologiques majeurs.

Les deux SPPPI, la DREAL et APORA sont les "chevilles ouvrières" de ces campagnes d'information, qui mobilisent un grand nombre d'acteurs.

Bien que l'obligation d'information du public incombe en premier lieu aux exploitants des sites soumis à Plan Particulier d'Intervention (PPI), la collègialisation et la mutualisation des moyens permet de délivrer une information crédible et homogène sur l'ensemble du territoire régional, ainsi que d'accroître l'impact et la lisibilité des actions entreprises. 

La dernière campagne a eu lieu en 2013. Voir le site internet dédié : Les bons réflexes

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La principale évolution pour la campagne 2013 a concerné l’intégration des installations nucléaires au sein du dispositif régional. Cette pratique était habituelle dans le département de l’Isère mais n’avait pas été mise en œuvre lors de la campagne régionale de 2008.

Les principaux intérêts d’une campagne d’information mutualisée sont  :

- dispenser une information complète et de niveau homogène, conforme aux exigences réglementaires,

- développer des éléments d’information élaborés en commun et partagés par l’ensemble des acteurs impliqués dans la prévention des risques industriels, sur un territoire commun, la région,

- améliorer la cohérence et donc la portée des messages,

- accroître l’impact et la visibilité des actions par l’effet de masse et la mise en commun des énergies et volontés.

De plus, cela permet également d’aller au-delà de ce que prévoit la réglementation en matière d’information du public, en déployant des outils et des actions de sensibilisation complémentaires destinés à différents publics (en particulier des actions dans le milieu scolaire grâce à des partenariats avec les rectorats des académies de Lyon et Grenoble).

Chiffres clés de la campagne 2013 en Rhône Alpes

90 établissements industriels (77 Seveso Seuil haut, 5 stockages souterrains, 8 sites nucléaires)

324 communes et 2,3 millions de personnes concernées

1,3 million de brochures distribuées dans 28 bassins d’information 

80 000 affichettes consignes

21 réunions publiques

Budget : 1 Million d’euros (76 % Industriels, 15 % Etat, 7 % collectivités)

Actions complémentaires : site internet, réseaux sociaux, clip « Basique instinct », dossier relais, lettre info, magnets, cartes postales, numéro vert

Actions pédagogiques : chemises pédagogiques, pièces de théatre, exposition sur le nucléaire, serious game, participation à la fête de la science

Points forts de la campagne de 2013 en Rhône Alpes

L’ampleur de la campagne de 2013, avec un périmètre bien supérieur à celle de 2008 (nombre d’établissements, territoires et populations impactés...) a nécessité un investissement élevé sur plus d’un an, afin de permettre une bonne coordination de l’ensemble des acteurs.

L’organisation s’est appuyée sur :

  • le secrétariat de la campagne :véritable cheville ouvrière, il était composé de 8 personnes : la secrétaire générale d’APORA, les animateurs du SPIRAL et du SPPPY et les cinq chargées de mission recrutées pour l’occasion (contrats de 6 à 9 mois);
  • le comité de pilotage, instance décisionnelle de la campagne qui valide les propositions du secrétariat et des groupes de travail, avec un fonctionnement collégial (représentants des industriels, des salariés, des services de l’Etat (dont les 8 préfectures et leurs services en charge de la protection civile, la DREAL, l’Education Nationale), des collectivités territoriales, des associations et des personnes qualifiées…). Ce comité était co-présidé par les deux présidentes des commissions Risques du SPIRAL et du SPPPY
  • l’APORApour la coordination des industriels et la maîtrise d’ouvrage déléguée
  • 3 groupes de travailtraitant des documents réglementaires, des actions de communication et des actions pédagogiques.

La première réunion concernant l’organisation de cette campagne a eu lieu le 11 septembre 2012 pour un démarrage officiel de la campagne le 8 octobre 2013 avec une conférence de presse régionale à la DREAL. S’en est suivi la diffusion de la brochure d’information réglementaire dans toutes les boîtes aux lettres des habitants du périmètre PPI d’un établissement industriel et l’activation des outils complémentaires :

  • activation du nouveau site internet « Les bons réflexes » et des comptes Facebook et Twitter afin de relayer les actualités de la campagne,
  • information des « relais » avec la diffusion des documents d’information et de communication (les relais sont des personnes ou structures susceptibles de relayer l’information sur les risques : élus, entreprises, membres des CLIC et CSS, associations, établissements scolaires, professionnels …)
  • organisation de réunions publiques (21 au total)

Le bilan de la campagne 2013 en Rhône Alpes

Plusieurs enquêtes post campagne ont été réalisées : auprès des communes participantes, auprès de la population et auprès des industriels.

En ce qui concernel’enquête auprès des communes, un questionnaire en ligne (portant sur l’organisation de la campagne, la diffusion des brochures et affichettes, les outils et supports utilisés, les réunions publiques, …) a été envoyé aux 324 communes concernées.

Le taux de réponse sur la période du 10 février au 10 mars 2014 a été de 44 %. Les éléments suivants sont à retenir :

  • près de 90% des communes sont satisfaites des relations avec le secrétariat de la campagne,
  • 82% des communes n’ont relevé aucune difficulté pour la distribution des brochures,
  • 75% des communes ont jugé les brochures d’information satisfaisantes, quoique encore trop techniques,
  • il est suggéré d’organiser la prochaine campagne encore plus en amont, de faire une information plus régulière des riverains et de veiller à l’information aux salariés des entreprises riveraines des sites.

En ce qui concernel’enquête auprès des populations, celle-ci a été réalisée par l’institut de sondage Enov research, afin de hiérarchiser les préoccupations du public sur différentssujets liés à l’environnement(parmi lesquels les risques industriels), évaluer le degré de connaissance de « se savoir exposé à des risques industriels », évaluer le degré de connaissance des moyens d’alerte et des consignes à appliquer, mesurer la confiance des habitants vis-à-vis des industriels et des pouvoirs publics.Cetteenquêtea été menée sous la formedesondagesauprès de la populationvisée par la campagne(individus de 15 ans et plus et résidantdans l’un des 28 bassins à risques). Au total 2500personnes ont étéinterviewées par téléphone du 5 au 20 juin 2014. Les principaux enseignements sont les suivants :

  • la pollution de l’air est toujours la première préoccupation des habitants sur l’environnement, devant les risques industriels et le bruit. Le niveau d’inquiétude sur l’ensemble des sujets liés à l’environnement est relativement stable par rapport à 2009,
  • la crainte d’un accident industriel (23% souvent ou de temps en temps) ou nucléaire (20% souvent ou de temps en temps) reste faible,
  • moins de la moitié de la population des bassins à risques estime être plus exposée qu’ailleurs à un risque d’accident industriel et moins d’un tiers à un risque d’accident nucléaire alors qu’une majorité des habitants déclare savoir habiter une commune à risques,
  • au niveau régional, 40% des habitants estiment être bien informés sur les risques encourus,
  • la sirène d’alerte est de plus en plus reconnue par la population,
  • la majorité des habitants adopteraient de bonnes conduites en cas d’accident industriel ou nucléaire grave, principalement en se mettant à l’abri ou en se protégeant de l’extérieur ; par contre téléphoner pour s’informer ou prévenir ses proches demeure le comportement sur lequel la population se trompe le plus en pensant qu’il est adapté en cas d’accident. Concernant la consigne de ne pas aller chercher ses enfants à l’école en cas d’accident, près de 37% des personnes interrogées déclarent qu’elles iraient chercher leurs enfants.
  • de manière plus générale, la population n’est pas totalement convaincue de l’efficacité des mesures mises en œuvre que ce soit pour prévenir un accident industriel ou nucléaire grave ou pour faire face à une situation de crise.
  • 44 % des habitants se souviennent de la campagne d’information, 29% des habitants déclarent avoir lu les documents.
  • en ce qui concerne les comprimés d’iode en cas d’alerte nucléaire, les consignes ne sont pas vraiment bien assimilées (quand les prendre ? combien en prendre ?...)

On peut donc globalement retenir que cette enquête témoigne de bons résultats de la campagne, en matière de connaissance des risques encourus, de reconnaissance du signal d’alerte et de comportements à adopter en cas d’accident. Des axes de progrès ont été suggérés pour la prochaine campagne, notamment concernant l’amélioration de la connaissance des consignes d’absorption des comprimés d’iode et des actions à ne pas faire (aller chercher ses enfants à l’école, téléphoner…).